« Je crois que les changements que nous souhaitons et attendons viendront avant tout de notre volonté et de nos propositions. Ce sont nos initiatives et notre détermination qui feront bouger les lignes de la politique ».

De Proviseure…

Je suis née en 1971 à La Rochelle en Charente Maritime, ville où j’ai passé mon enfance entourée par ma famille, mon père chef d’entreprise, ma mère secrétaire comptable et ma sœur aujourd’hui enseignante d’Histoire Géographie à Paris. Ma famille m’a inculqué le goût de l’effort, l’esprit d’entreprendre, le respect des autres, des règles, de l’environnement, de la vie animale, tout en m’éduquant dans des valeurs républicaines et de solidarité. J’ai su faire miennes ces valeurs que je transmets à mon tour à mes enfants.

Diplômée en économie, droit et gestion des entreprises, ma vie professionnelle a débuté en tant qu’enseignante en économie et gestion des entreprises. Ayant exercé dans plusieurs académies (Versailles puis Poitiers) et dans plusieurs départements, j’ai connu la mobilité géographique et les difficultés qui y sont liées. Souhaitant étendre mes champs de compétences j’ai également travaillé pour des comités d’entreprises parmi eux Air France, Radio France, en qualité de guide et accompagnateur de voyages dans de nombreux pays.

A 36 ans, en quête de renouvellement, j’ai décidé de reconsidérer ma carrière et de prendre des responsabilités différentes, j’ai donc passé le concours de personnel de direction. J’ai également repris, il y a huit ans, le chemin de l’université afin d’obtenir un Master en management. Je dirige, depuis, des établissements scolaires : d’abord deux en France, puis deux à l’étranger, au Maroc puis en Espagne.

Ma carrière n’est donc pas politique cependant elle m’a permis de travailler avec les représentants des institutions françaises : maires, conseillers généraux et régionaux, préfets, députés, ambassadeurs, consuls, attachés culturels, directeurs d’alliance, conseillers consulaires et bien sûr tous les personnels de ces institutions qui travaillent près d’eux. Résidant hors de France depuis six ans, mes fonctions m’ont amené à collaborer avec les représentants d’autres pays comme des gouverneurs et procureurs du roi au Maroc et dernièrement en Espagne avec le maire de Palma et ses conseillers dans le cadre de la construction du nouveau lycée français.

Mon action auprès des français :

En 2014, après trois ans de résidence et de direction d’un Lycée français au Maroc, j’ai accepté de prendre la direction du lycée français de Palma. L’annonce de sa fermeture en 2013 a résonné en moi comme un véritable défi à relever. Il a fallu faire preuve de détermination, d’engagement afin de répondre aux inquiétudes des familles et des personnels qui se mobilisaient déjà depuis six mois pour se faire entendre. Soutenue par ma direction générale à Paris, forte d’une équipe de collaborateurs volontaires, d’enseignants et de parents investis, nous avons défini ensemble une stratégie nouvelle. Deux ans d’efforts, d’investissement et d’initiatives ont permis d’inverser la tendance et d’annoncer, en raison de la progression de près de 30% des effectifs, la construction d’un nouveau lycée. Les enfants continueront donc de recevoir une éducation française sur ce territoire et nos familles françaises, ainsi que toutes celles que nous pourrons accueillir, savent désormais qu’elles peuvent penser leur projet professionnel en toute sérénité.

Pour cette raison et par cet exemple, je sais que nous pouvons faire changer les choses si nous refusons d’accepter la fatalité et que nous acceptons d’être visionnaire.

…à députée

Je suis parvenue, au cours des premiers mois de mon mandat, à me faire reconnaître au sein de l’Assemblée nationale comme la référente de l’enseignement français à l’étranger, et à convaincre mes collègues de la majorité, ainsi que les ministres en charge du sujet, de l’intérêt de me confier une mission sur l’avenir du réseau. Cette mission devait permettre d’aboutir à des propositions concertées et réfléchies collectivement avec les parents, les élèves, les personnels des établissements et les élus consulaires pour ce magnifique outil d’influence et de rayonnement de la France dans le monde.

Alors que je venais, le 1er février, de recevoir les termes de cette mission tant attendue, et que la grande consultation que nous avions préparée était prête à être lancée, nous avons été stoppés net dans notre travail par la décision du Conseil constitutionnel. Stoppés non seulement dans notre circonscription mais aussi à l’échelle mondiale, au moment même où tous attendent des réponses sur l’avenir de ce réseau que nous devons pérenniser ensemble.

Le nombre de messages reçus de parents d’élèves et d’enseignants du monde entier qui attendaient qu’enfin nous proposions ensemble des solutions pour sortir de ce marasme, de ces inquiétudes, ont achevé de me convaincre que je ne pouvais renoncer.

Avec la suspension de cette mission interministérielle, ce n’est pas moi qui risque de perdre un pouvoir d’influence, ce sont tous les acteurs qui contribuent à faire vivre le réseau au quotidien qui perdront peut-être le pouvoir de nous faire entendre, et de trouver un compromis, un nouveau pacte refondateur de l’enseignement français à l’étranger. J’avais la confiance des personnes qui décideront de son avenir. J’ai donc besoin de vous pour faire en sorte que le travail engagé et les possibilités d’une solution concertée, négociée et durable ne soient pas ainsi balayés.

Ironie du sort, je posais il y a un mois, à Palma de Majorque, la première pierre du nouveau site d’un établissement scolaire que nous avons réussi à sauver de la fermeture, il y a trois ans, grâce à une méthode fédérant le personnel, les parents d’élèves et les acteurs locaux autour d’un projet de développement qui a non seulement permis de retrouver un équilibre financier mais surtout d’accroître considérablement les effectifs.

Cette réalisation, qui est à l’origine de mon engagement politique, est une illustration, une preuve par les faits, de ma méthode qui ne s’appuie pas sur des promesses mais sur des actes.

Ces premiers mois de mandats auront également été nécessaires, avec mes huit collègues députés des Français établis hors de France de la majorité, pour convaincre le Premier Ministre de confier à ma collègue Anne Genetet une mission d’étude visant à mettre à plat la fiscalité des Français de l’étranger, et à étudier des pistes de compensation à la hausse de la CSG. Nous nous réunissions plusieurs fois par mois pour étudier les différents leviers permettant d’envisager, selon les zones géographiques, une récupération de pouvoir d’achat, comme c’est le cas pour les résidents en France. Car je suis parfaitement consciente, pour en avoir aidé beaucoup à résoudre des problèmes avec leurs caisses de retraite ou d’assurance maladie, que les retraités de notre circonscription sont loin d’être les privilégiés que certains se plaisent à caricaturer. C’est bien la raison pour laquelle nous avons combattu, avec mes collègues de la majorité, un décret suprise augmentant en janvier les cotisations maladie des retraités français à l’étranger. C’est le poids des députés établis hors de France au sein de la majorité qui a permis à nos arguments d’être entendus par le gouvernement et d’obtenir gain de cause (http://bit.ly/2GxPmdB).

Je pense également à la mission confiée à mon suppléant, Stephane Vojetta, destinée à ouvrir le dispositif des VIE aux entrepreneurs français installés à l’étranger. Stéphane, après avoir consulté et travaillé avec des entrepreneurs français locaux, devait me remettre un rapport afin que je puisse défendre, au sein de la majorité, une proposition de loi pour aider les entrepreneurs de la circonscription.

En tant que Présidente du groupe d’amitié parlementaire France-Portugal, j’étais engagée dans le soutien à plusieurs projets associatifs rapprochant nos concitoyens de leur pays d’accueil. Je pense en particulier à l’Escale de l’Hermione à Portimão mais aussi à d’autres initiatives pour soutenir nos compatriotes concernant leur couverture sociale. Je venais de nouer des relations importantes pour nos concitoyens établis au Portugal avec plusieurs députés portugais ainsi qu’avec le nouvel ambassadeur du Portugal en France.

Après plusieurs mois de travail et de nombreuses rencontres avec des acteurs de l’alimentation durable, je m’apprêtais à déposer, en mars, des amendements au projet de loi sur l’Alimentation afin de permettre une alternative végétarienne dans la restauration collective et répondre ainsi à des enjeux de développement durable, de justice sociale et de santé publique. Et je devais également déposer un amendement pour demander à ce que soit adapté à l’étranger l’engagement présidentiel sur les 50% de bio dans la restauration scolaire. Je travaillais d’arrache-pied avec des associations engagées pour le développement durable qui me témoignent aujourd’hui, elles aussi, leur déception de voir stopper net notre travail.

Enfin, forte de mes convictions sur ce sujet, je venais d’obtenir la vice-présidence du groupe d’étude sur la condition animale et le respect du monde vivant.

Et tout ce travail devrait s’être arrêté le 2 février ?

Non ! Il ne tient qu’à vous de faire en sorte que tous ces chantiers se poursuivent et soient conduits à leur terme. Faute de mobilisation, il se peut que demain votre voix ne soit plus portée au sein de la majorité qui est seule à avoir une influence décisive sur les lois et dans les commissions qui vous concernent.

Ne vous y trompez pas ! Faites entendre vos intérêts de la meilleure manière ! La prochaine législative partielle ne permettra pas de modifier les équilibres politiques en place au sein de l’Assemblée nationale, mais de choisir la capacité d’influence qu’auront les Français d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco sur les décisions qui y seront prises. Elire un de mes adversaires, qui siègerait nécessairement dans l’opposition, reviendrait à choisir une impuissance que la véhémence de ses prises de position dans l’hémicycle ne parviendrait pas à masquer. En outre, en raison des règles de proportionnalité établies, cette personne ne serait en mesure de récupérer ni mon siège au conseil d’administration de l’AEFE, ni celui à la commission nationale des bourses, ni celui à la Commission des Affaires étrangère.

Lorsque je vois aujourd’hui mes enfants se réjouir d’avoir auprès d’eux leur maman à la maison il serait hypocrite d’affirmer que l’idée d’abandonner la course et de réintégrer mon poste de proviseure ne m’a pas frôlé l’esprit. Mais l’amour que je leur porte ne m’autorise pas à baisser les bras et à abandonner le travail réalisé jusqu’à présent au service de mes concitoyens. C’est aussi pour elles, pour tous les parents, les élèves, les enseignants, les entrepreneurs, les retraités et nos concitoyens en général que je me battrai pour défendre les valeurs de justice, de solidarité, d’initiative et de liberté effective auxquelles je crois.

Je le redis, mon esprit n’est à pas à la revanche, il est à la démonstration que je suis la seule qui sera en mesure de faire entendre la voix de la 5ème circonscription au sein de l’Assemblée nationale, mais surtout d’y obtenir des résultats.

Je sais, pour en avoir fait les frais, que le cynisme politique semble de rigueur, mais je ne suis ni une politicienne, ni une opportuniste. Je suis une citoyenne qui a fait le choix de l’engagement et de l’expression de l’expérience de terrain au sein de l’Assemblée Nationale.

Je resterai donc égale à moi-même, sincère et respectueuse de mes concurrents, comme lors des dernières élections. Je formule le souhait qu’il en aille de même pour eux ou leurs représentants. D’autant qu’il me semblait avoir construit avec eux des liens de coopération qui se voulaient prometteurs pour notre circonscription.